28 septembre 2014

les morues

Parfois, j'ai envie d’écrire. Ça me prend comme.
Je crois que la vie me teste. Pour vous resituer dans le contexte : j'ai des images mentales (voilà c'est dis...). Pour vous donner un petit exemple comme ça, quand je suis face à une situation embarrassante ou que je me sens tout simplement ridicule (ce qui m'arrive dans 95 % des cas quand je côtoie des gens) je m'imagine dans ma tête. Attention hein, j'ai une image bien précise de moi même.

Je suis un poireaux.

Voilà, c'est dit. Je me fait l'effet d'un poireaux, long, fin et un peu passé de date (donc mou et un peu ramassé sur lui même). Nous sommes tous d'accord pour dire qu'un poireaux, c'est un peu le légume maudit. Juste son appellation nous suffit pour le regarder de haut avec condescendance. Imaginez un bac à légume rempli. Il y a des courgettes, des artichauts, une salade, des tomates, des patates et un poireau. Bordel, le poireaux doit s'en prendre pleins la poire (pardonnez mon humour).
Tout les autres légumes sont plutôt bien proportionnés, rond, envelopper. Le poireaux est long, il est plutôt chiant à ranger dans un frigo, il est poilu, il emmerde son monde parce qu'il dépasse toujours sur les cotés.
Voilà, je suis un poireau.
Rassurez vous, mon psy avait l'air vraiment sur le point de me filer n'importe quoi du moment que je redevenais un minimum sensé.
"Un poireau ?"
"Ouais ouais... un vieux poireau" (plus les années passent, plus je deviens décontracté avec lui)

Revenons à nos légumes.
Je sais pas trop depuis quand je pense ça. Ou plutôt que j'ose avouer que je pense ça.
Bon, ok. je viens de finir "Sans télé on ressent d'avantage le froid" de Titiou lecoq en sirotant mon blanc, donc les idées se bousculent pas vraiment au portillon mentale.
Hier soir, j'ai été traîner ma carcasse à marsatac. Me retrouver avec des pairs me fait vraiment un drôle d'effet. D'abord, je me suis dit qu'il était assez grave que je mette des boules quies, toute personne un peu rock'n'roll (et surtout d'une tranche d'âge de 15 à 35 ans) vis les concerts et les festivals de manière trash, on vis, on se défonce les oreilles, on meurs.
Non, moi je met des boules quies madame. Et je ne met pas de jupes ou de short non plus. Moi, je me fait l'effet d'une quinquagénaire. Pantalon, démarche gauche (mais qu'est ce que je fou lààààààà ? C'est quoi tout ces gens ?!), sac croco et boules quies
Au premier concert, j'admire la batteuse, qui est, à mon humble avis, en transe. Taper, c'est cool.
Mais au deuxième et troisième "concert" je commence à avoir un comportement étrange.
"Mais... Mais... Mais que font ces gens ici ? houuuu attention il y a du monde hein. Oh et puis ces boom boom intenpestifs, jeune homme, pourriez vous arrêtez de gesticuler ? J'essaie de siroter mon ice tea de manière calme et posé. Ils appellent ça de la musique ? Ha ha, de mon temps il fallait au moins être trois pour faire de la musique" (j'entends ici, batterie, basse, guitare).
Oui... Je bouge la tête en rythme avec les boom boom, le son est trop fort, il y a trop de gens.
Dieu merci, je ne vais pas en boîte.
Les filles se baladent comme sur la plage alors que j'ai ma petite laine.
Mais que fait la police ? Ces gens fument des produits illicites !
Je crois que je suis "trop vieilles pour ces conneries".
Trop vieille, et en même temps trop jeune. J'use les bancs de la fac, toujours avec cette grande interrogation du "qu'est ce que je fou là ?" (je ne me souviens pas vraiment d'un moment ou je me suis sentie à ma place). Je regarde, farouche et jalouse, les jeunes filles frêles et fines qui sautent en rythme. "De toute façon, moi j'auras l'air d'un gros boudin poireau habillé comme ça".
Alors, la grande question qui reste en suspens est : mais que va tu faire de ta vie ? Ô grande misanthrope ?

...

Je ne sais pas.
J'essaie de me leurrer en me disant que de toute façon, mon année de fac en médecine des lettres (entendre par là : psycho) c'est pour préparer mes concours d'illus (ouaiiiis, je suis une artiste incomprise, laissez moi m'enfermer chez moi en freel lance bordel, j'aime me faire du mal ok ?). Mon moi profond essaie de me faire croire que j'ai encore une chance de branler quelque chose (je ne ferais aucune blague salace, si si). non, vraiment....
L'illus ? (bruits de rires de séries en fond)
La psycho (fait mine de se pendre)
Même si j'avais envie d'écrire, pour écrire quoi (non, je n'ai pas encore la prétention d'apporter quelque chose au monde rien qu'avec des phrases... quoi que....)
Et quand bien même je continuerais la fac (lettres modernes ? Histoire ? Océanographie ?), pour devenir quoi ?
Je pourrais devenir sociologue (et je pourrais répondre à mes propre dzhdhu"s questions ; "Pourquoi les gens ont ils besoin de se rassembler en masse comme ça ? Qu'est ce que la danse, la musique leurs apportent ? Pourquoi les festivals sont-ils aussi populaire ? Parce qu'ils "rapprochent" les gens ?) (je met "rapproche" entre guillemet parce que mon entourage (entourage = amis gentils + famille) ne cesse de me vanter ma propre gueule qui est je cite "belle" sauf que, ils oublient je suis l’aimant à relou celui même qui, je cite : "mon endroit préféré, c'est les toilettes").
Je pourrais continuer sur cette lancée en parlant de ma pseudo libération qui consiste à croire que je vis des choses formidables quand je me décolle de mon ordit. Ce qui, en soi, est plutôt vrai. Oui oui, il m'arrive des choses formidables, comme quand mon bus est à l'heure, ou que j'arrive à parcourir une rue sans qu'un seul relou ne me parle. (journée réussie).

Voilà, j'ai dormi 12 heures, j'ai regardé "Hérisson", je ne sais pas ce que je vais devenir, mes amies sont toutes parties loin (certaines à l'autre bout de la ville, c'est dire). je suis seule, je n'ai plus de vin, mais mon chat me bave dessus.
Bien à vous.

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