Quand j’étais gamine, mon père était encore à son stade
globe trotteur.
Il partait quelques semaines et je finissais par recevoir une carte.
Afrique du nord, Hollande, Inde, Suède, Italie.
J’avais toujours, à son retour, une multitude de présents ramener de ses périples. Comme cette petite robe en velours bleu comme celle des petites filles du Maroc et une croix du Sud, signe des Touareg du désert. Je vivais ses aventures à travers ses mots :
Les dunes de sables, les dromadaires, les jours chauds, les nuits glaciales. Irrémédiablement venait le : « Tu verra ! Je t’y emmènerais un jour, on ira, un été ».
J’ai sentie mes os grandir sous ma peau, j’ai coupée mes cheveux un nombre incalculable de fois, j’ai porté un appareil dentaire, mais jamais, jamais, je n’ai vue un seul grain de sable de l’Afrique. Je n’ai jamais vue de robe similaire à la mienne. Je n’ai jamais fait de dromadaire. J’ai attendu longtemps, espérer désespérément que la promesse faite ne soit pas un mensonge. Et puis, lassé d’attendre et d’être déçu de rester dans ma vieille France, je me suis levée et je suis partie.
J’ai vue Rome, J’ai fait escale à Barcelone, j’ai pris un train en Pologne, j’ai visité l’Autriche. J’ai même parcouru un bout de France, histoire de connaître mon pays.
Mais quand je revenais, toujours, la même rengaine.
« J’aimerais me faire un week end à Rome, comme dans la chanson ! »
« Et si on allais en Finlande ? Je doit y aller pour le boulot, je t’embarque »
« Ooooh j’aimerais tant voir New York ! »
GESTA NON VERBA ! *
*Ouais, à Rome j’en ai profité pour révisé mon latin
J’avais donc plus ou moins un aperçu de la déception paternel.
ça, entre autres choses que je tairais ici (pour le moment ?).
Alors, à force d’entendre « quand tu sera majeur, de l’argent t’attends sur un compte », ma réaction était un peu de hausser les épaules et de tourner les talons.
Merci bien, je savais à quoi m’attendre. Le pire, c’est que j’avais pas tord. Quand j’ai été fraichement en mesure de toucher cet argent, il avait bizarrement disparu. Restant une centaine d’euros pour « me faire un cadeau d’anniversaire ».
J’ai pensée, une fraction de seconde, à mon permis, mes études, mon logement, mes fringues, mes cahiers, ma sécu, mes économies. Puis j’ai fait ce que je fait de mieux avec lui : j’ai tournée les talons en râlant un peu.
Je pensais que mon silence radio lui avait servi de leçon. Je ne sais même pas combien de mois j’ai passé dans cette béatitude, cette douce sensation de liberté, de légèreté.
J’allais bien, mon père me manquais pas, parce que pour ça, il aurait fallut que je connaisse la signification de « père qui tienne la route ».
Mais comme je pouvais pas juste encaisser un chèque de 300 euros sans dire « merci » j’ai été obligé de me retourner et de contempler toute la fatigue qui me rattrapait.
Tout ce que j’avais réussi à fuir me revenait en pleine poire.
Je me sens presque acheté, mon éducation me fait serrer les dents et hocher la tête.
Quand il m’a proposé son appart, j’ai cru que c’était bon, qu’il avait appris. J’ai respiré, imaginant ma libération qui viendrait dans quelques mois. La fac, ma maison, ma lessive, mon rythme, lui. Je voyais enfin un dénouement à tout ce merdier.
Mais non.
Déjà qu’il était pas sûr à 100 % qu’il emménage avec moi.
Maintenant, il n’est même plus sûr que j’ai ma propre maison.
Et ça veut dire continuer de me « soumettre » à un rythme qui n’est pas le mien, s’asseoir à heure fixe à une table et devoir parler, ça veut dire manquer d’espace.
Il partait quelques semaines et je finissais par recevoir une carte.
Afrique du nord, Hollande, Inde, Suède, Italie.
J’avais toujours, à son retour, une multitude de présents ramener de ses périples. Comme cette petite robe en velours bleu comme celle des petites filles du Maroc et une croix du Sud, signe des Touareg du désert. Je vivais ses aventures à travers ses mots :
Les dunes de sables, les dromadaires, les jours chauds, les nuits glaciales. Irrémédiablement venait le : « Tu verra ! Je t’y emmènerais un jour, on ira, un été ».
J’ai sentie mes os grandir sous ma peau, j’ai coupée mes cheveux un nombre incalculable de fois, j’ai porté un appareil dentaire, mais jamais, jamais, je n’ai vue un seul grain de sable de l’Afrique. Je n’ai jamais vue de robe similaire à la mienne. Je n’ai jamais fait de dromadaire. J’ai attendu longtemps, espérer désespérément que la promesse faite ne soit pas un mensonge. Et puis, lassé d’attendre et d’être déçu de rester dans ma vieille France, je me suis levée et je suis partie.
J’ai vue Rome, J’ai fait escale à Barcelone, j’ai pris un train en Pologne, j’ai visité l’Autriche. J’ai même parcouru un bout de France, histoire de connaître mon pays.
Mais quand je revenais, toujours, la même rengaine.
« J’aimerais me faire un week end à Rome, comme dans la chanson ! »
« Et si on allais en Finlande ? Je doit y aller pour le boulot, je t’embarque »
« Ooooh j’aimerais tant voir New York ! »
GESTA NON VERBA ! *
*Ouais, à Rome j’en ai profité pour révisé mon latin
J’avais donc plus ou moins un aperçu de la déception paternel.
ça, entre autres choses que je tairais ici (pour le moment ?).
Alors, à force d’entendre « quand tu sera majeur, de l’argent t’attends sur un compte », ma réaction était un peu de hausser les épaules et de tourner les talons.
Merci bien, je savais à quoi m’attendre. Le pire, c’est que j’avais pas tord. Quand j’ai été fraichement en mesure de toucher cet argent, il avait bizarrement disparu. Restant une centaine d’euros pour « me faire un cadeau d’anniversaire ».
J’ai pensée, une fraction de seconde, à mon permis, mes études, mon logement, mes fringues, mes cahiers, ma sécu, mes économies. Puis j’ai fait ce que je fait de mieux avec lui : j’ai tournée les talons en râlant un peu.
Je pensais que mon silence radio lui avait servi de leçon. Je ne sais même pas combien de mois j’ai passé dans cette béatitude, cette douce sensation de liberté, de légèreté.
J’allais bien, mon père me manquais pas, parce que pour ça, il aurait fallut que je connaisse la signification de « père qui tienne la route ».
Mais comme je pouvais pas juste encaisser un chèque de 300 euros sans dire « merci » j’ai été obligé de me retourner et de contempler toute la fatigue qui me rattrapait.
Tout ce que j’avais réussi à fuir me revenait en pleine poire.
Je me sens presque acheté, mon éducation me fait serrer les dents et hocher la tête.
Quand il m’a proposé son appart, j’ai cru que c’était bon, qu’il avait appris. J’ai respiré, imaginant ma libération qui viendrait dans quelques mois. La fac, ma maison, ma lessive, mon rythme, lui. Je voyais enfin un dénouement à tout ce merdier.
Mais non.
Déjà qu’il était pas sûr à 100 % qu’il emménage avec moi.
Maintenant, il n’est même plus sûr que j’ai ma propre maison.
Et ça veut dire continuer de me « soumettre » à un rythme qui n’est pas le mien, s’asseoir à heure fixe à une table et devoir parler, ça veut dire manquer d’espace.
Je suis exténué par tout ce qui ne s’est pas encore passer.
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