9 février 2014

Un égoïste est quelqu'un qui ne pense pas à moi (Eugène Labiche)


J’observe le pot de cornichons en face de moi.
Je grignote ça du plus loin que je me souvienne.
Quand j’étais gamine, genre 5 ou 6 ans, mon père m’avait même offert un énorme pot de ces cornichons de Paris qui sont disproportionnés. Je trouve rien d’autre à faire qu’écrire depuis quelques jours. J’erre un peu sur la blogosphère et j’admire les mots des autres. Ça souligne encore plus mon orthographe bancale et mes textes qui partent généralement dans tout les sens.
J’écoute en boucle l’album de FAUVE que je me suis payé hier.
Les paroles ont perdu de leurs fragilité depuis que les attardés de ma classe les postent en statut facebook.
J’ai l’impression qu’ils ne comprennent ni le rythme, ni le sens. Le mec ne parle pas juste d’amour, il parle d’une fatigue constante face à l’autre. Et les autres, c’est eux. Les pauvres, ça doit être triste d’être superficiel.


J’étais à moitié sérieuse quand je lui ai proposé de s’installer avec moi l’année prochaine.
En fait, je n’osais pas du tout lui demander sérieusement, de peur qu’il réagisse encore comme il sait le faire. Mais comme d’habitude, il m’a foutu sur le cul en répondant positif. J’attendais tellement qu’il esquive la question comme il esquive tout le reste. Et depuis, ça me bouffe la tronche. Parce que lui demander, avoir une réponse, c’est rendre  le truc concret. Même si ça se fait pas, jusque là je vais y penser.
Imaginer l’aménagement des meubles, penser à toutes les conneries qu’on va pouvoir écrire sur les murs. La couleur de ma chambre, les objets insolites qu’il y aura partout.
Et surtout, lui, tout le temps. Même pour un an.
J’ose pas y croire, parce que si ça ne se fait pas, je vais devoir vider mon corps de toute l’eau qu’il a réussi à accumuler. Mais cette idée, de l’avoir matin, midi et soir. De voir débarquer sa tronche, ses études, ses potes, bref, sa vie dans la mienne, ça me fait trembler et je suis obligé de m’asseoir.
Je sais que ça impliquerait une relation encore plus bizarre que celle qu’on entretient maintenant. Mais au moins, il y aurai pas ces long silence radio entres deux nuits blanches. Et j’aurai plus à pleurer dans la rue. Et j’aurai plus à retenir mon souffle pendant 5 mois. Et puis… et puis… et puis…
Plus j’y pense, plus j’espère qu’il sera là, avec ses cartons et son air de conquérant.
En plus, peindre les murs seule, c’est beaucoup moins attrayant.

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