5 février 2014

J'irais voir ailleurs si j'y suis


Hé oui petit lecteur !
En bonne sociopathe qui se respecte, il m'arrive d'avoir besoin d'un bol de solitude. M'enfermer et me protéger du bruit ambiant tu vois ?
J’ai voulu écrire plusieurs fois, mais j’ai comme trop de choses à dire, alors je trouve aucun mot, aucun début. J’ai une grosse pelote de pensée que j’arrive pas vraiment à démêlé.
Je vais, chaque semaine, discuter avec mon médecin de la tête. Je dis « discuter » parce qu’il nous arrive de pas parler de moi. On parle littérature, philosophie, dans la chaleur de l’appartement qui lui sert de bureau. Il a une fenêtre complètement obstruée par du lierre, quand il fait beau, il y a des raies de soleil qui filtres et qui donne à la fumée de sa cigarette une couleur blanchâtre.
Ce que j’aime bien, c’est quand il se penche vers moi. Il plisse les yeux comme ça. Et je sais qu’il va me dire une vérité. Généralement, il sourit. Parce que j’attise son intérêt, je l’amuse un peu, peut être même que d’un côté, je le fascine. Un peu.
Je suis là, enfoncé dans le fauteuil, les jambes tendues. J’ai mes Doc Martens à fleurs, un perfecto en cuire et je fume machinalement ma « cigarette de séance ». Oui, j’ai l’air d’être une de ses petites nénettes qui essayent de rentrer correctement dans le moule.
Mais moi, je déborde de partout.
J’aime le fait qu’il me vouvoie, j’aime qu’il se souvienne de tout ce qui me concerne, même après des années, sans prendre de notes. J’aime quand il me glisse :
« Vous semblez avoir 100 ans Mademoiselle ».
J’aime qu’il le remarque. J’aime encore plus qu’il me le dise.
Je souris, il me parle comme si j’avais 100 ans. Il me parle comme on devrait me parler. Sans prendre de pincette, sans prendre en compte mon âge, superflue.

Mais le mieux.
C’est qu’il est un parfait inconnu. C’est qu’il ne me connaît qu’à travers ce qu’il voit et ce qu’il entend.
Et quand il m’a dit que j’étais intelligente et que je pouvais réussir tout ce que j’avais envie d’entreprendre.
Je l’ai cru.
Et ça a été magnifique.
Je pourrais te raconter, comment il arrive à m’énerver parfois. Comment je traîne les pieds en y allant. Comment il m’aide, ou comment il m’achève. Je pourrais te raconter.
Mais tout ce qui me viens, c’est son rire quand je lui dit que je m’endors en écoutant du Brel, que ma mère me berçait avec du Brassens, que je connais chaque chanson d’Edith Piaf.
Je te raconte tout ça parce que pour le moment, je n’ai que ça. Parce que dans ma différence, j’ai trouvé quelqu’un qui me renvoie ma normalité à la tronche.

Je sais pas pourquoi je te dis tout ça, on ne se connaît pas, je voulais juste que tu visualise, le quart d’une seconde, une fenêtre envahis de lierre et l’odeur d’une cigarette.

A bientôt. 




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